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10 janvier - 14 mars
10 janvier - 14 mars 2026, Galerie Templon, Paris (Beaubourg)
Du 10 janvier au 14 mars 2026, pour sa première exposition dans l’espace parisien de la galerie Templon, Léonard Martin présente les œuvres issues de sa résidence à La Nouvelle Orléans, réalisée dans le cadre de la Villa Albertine. L’exposition rassemble une quinzaine de toiles inédites et une sculpture. « Chef Menteur », titre emprunté à une autoroute traversant la Nouvelle-Orléans, évoque la frontière incertaine entre apparence et vérité.
Plongé au cœur d’une Louisiane marquée par les tensions sociales et raciales, les dérèglements climatiques et les désastres écologiques, l’artiste a choisi d’explorer le carnaval, cet espace paradoxal où le burlesque côtoie le tragique, où la déraison répond à la rigueur d’un monde débordé. Lieu de croisements et de contrastes, le carnaval de La Nouvelle-Orléans réunit catholiques et protestants, créoles et caribéens, noirs et blancs, femmes et hommes, riches et pauvres. Véritable microcosme social, il expose la comédie humaine à ciel ouvert : les fiertés s’y affichent, les inégalités s’y rejouent.
Dans ce tumulte festif, où les chars déversent des flots d’objets en plastique, Léonard Martin a collecté ces fragments éphémères pour les réinvestir dans sa pratique picturale. Les déchets plastique deviennent la matière première d’une réflexion à la fois politique et écologique, symbole d’un monde saturé, où le plastique envahit les rues, l’eau et jusqu’au sang.
Inspiré par la structure éclatée du réel, Léonard Martin compose une suite d’images fragmentaires, entre souvenirs et visions, traces et récits. Ses oeuvres reposent sur des procédés de montage empruntés au cinéma et à la littérature : le cut-up, qui consiste à fragmenter et recomposer le réel, et le stop motion, qui introduit une idée de mouvement par séquences. Leurs effets conjugués produisent des compositions discontinues, où chaque peinture semble extraite d’un film mental. Chaque toile, chaque motif, fonctionne comme une saynète politique à plusieurs entrées. Le carnaval, parodie sublime du monde contemporain, y révèle l’éternelle tension entre le visible et le vrai, entre masque et visage.
À propos de Léonard Martin
Né en 1991 à Paris, Léonard Martin vit et travaille à Paris. Diplômé des Beaux-Arts de Paris et du Fresnoy – Studio national des arts contemporains, il a exposé au Salon de Montrouge, à Jeune Création, à la Villette et à la Collection Lambert à Avignon. Pensionnaire de l’Académie de France à Rome, Villa Médicis en 2018-2019, il a été lauréat du Prix de l’ADAGP (2017) et de Lafayette Anticipations (2021). Son travail a été présenté notamment à la Biennale de Gwangju, à la Villa Emerige, aux Beaux-Arts de Paris, au Palais de Tokyo, à la Biennale de Lyon et à l’Abbaye Royale de Fontevraud.
Il est exposé face à Joan Mitchell au musée des Beaux-Arts de Caen, du 5 décembre 2025 au 15 mars 2026
Galerie Templon