Dans 15 heures
26 mars - 26 juillet
Explorant les relations entre matérialités photographiques, distorsions visuelles et mécanismes de perception, Akosua Viktoria Adu-Sanyah (1990, vit et travaille à Zürich) présente no flowers [...]
[...] , sa première exposition monographique en France.
no flowers est un nouveau volet de la recherche DELIRIUM initiée par l’artiste en 2021. Ce riche corpus photographique prend racine dans un dialogue entre photographies, transformations générées par l’intelligence artificielle, expérimentations en chambre noire et cheminement du deuil.
En 2016, durant ce qui devait être une opération de routine, le père de l’artiste perd près des trois quarts de son sang et ne reçoit ni transfusion ni soins nécessaires. Une négligence médicale aux conséquences dramatiques, enracinée au coeur du racisme institutionnel et médical. DELIRIUM accompagne et saisit le processus de perte, la maladie, la cécité, l’isolation sensorielle, puis le décès du père de l’artiste en 2021. Les images photographiques qui le composent dévoilent un rapport halluciné au monde et une lente disparition dans l’obscur : une inéluctable sortie de ce que l’on appelle collectivement le réel. En 2022, Akosua Viktoria Adu-Sanyah transmet à une IA génératrice d’images d’ancienne génération des photographies de la vie quotidienne de son père saisies à partir de 2020, sans aucun prompt. La machine lui en restitue sa propre vision, à la lisière de la réalité, du rêve et du cauchemar. Transférées sur films négatifs, ces images chimériques sont ensuite développées à la main par l’artiste, en chambre noire, au cours d’un travail complexe d’où jaillissent d’extraordinaires lumières et couleurs.
no flowers poursuit cette exploration et convoque de manière directe l’impact de l’absence. Car lorsque son père décède au Ghana, son pays natal, durant la pandémie, Akosua Viktoria Adu-Sanyah est en Europe. « I couldn’t say goodbye ». Pas d’adieux, pas de cérémonie, pas de tombe, pas de fleurs. Alors, de photographies de bouquets séchés et digérées par l’IA, l’artiste fait naître de nouvelles formes hantées, un jardin impossible. Une étendue de fleurs à la fois irréelles et tangibles, impalpables et infiniment présentes. Révélant la nature inexprimable de la douleur, l’exposition dévoile également des fragments de textes - images, tirés du rapport médical du père de l’artiste. En collaboration avec une IA conversationnelle, Akosua Viktoria Adu-Sanyah redéfinit les termes déshumanisants qui composent la longue liste de symptômes. Grâce à un procédé d’impression par contact, un nouveau lexique apparaît sur le papier photosensible, portant la trace de morceaux de ruban adhésif, rayures et imperfections présents sur la plaque de verre. Témoins de la violence du langage scientifique, ces oeuvres suggèrent également les potentialités résistantes de la matière et du geste et la tendresse d’une réappropriation poétique du trouble.
no flowers se saisit alors comme une tentative de s’emparer de l’indicible, de le transfigurer. La répétition fertile, infatigable et indisciplinée d’un geste de réparation, de dignité, de mémoire.
Le Centre culturel suisse. Paris (CCS) rouvre ses portes le 26 mars 2026 après 4 années de travaux de rénovation. Sur base d’un concours de l’Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL), en collaboration avec Pro Helvetia, le projet architectural retenu est le fruit d’une collaboration franco-suisse des bureaux Architecture Studio Bœnders Raynaud — ASBR (Paris) et Truwant + Rodet + (Bâle). Les espaces entièrement repensés et rénovés offrent une circulation plus fluide et une polyvalence dans leurs usages artistiques. Avec le retour de sa librairie, le lancement de sa buvette et ses trois grands espaces modulables, le nouveau CCS rassemble les publics autour d’une vie culturelle suisse. Installé depuis 1985 au cœur du Marais, le CCS a pour vocation de faire connaître en France une création contemporaine helvétique ouverte sur le monde, d’y favoriser le rayonnement des artistes suisses, et de promouvoir les échanges entre les scènes artistiques suisses et françaises. La programmation est résolument axée sur la création contemporaine suisse et en reflète la diversité et la vitalité : expositions, spectacles, performances, concerts, films documentaires et conférences rythment les saisons du CCS. Le Centre culturel suisse est une antenne de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.
Entrée libre
Centre culturel suisse