Dans 11 heures
26 mars - 26 juillet
Ingeborg Lüscher (1936, vit à Tegna et travaille à Maggia, Tessin) présente Flammes, monographie retraçant sa pratique artistique depuis la fin des années 1960. [...]
C’est à partir de 1967 qu’Ingeborg Lüscher s’installe au Tessin, en Suisse, et entame sa riche carrière artistique. Jusqu’alors comédienne au théâtre et au cinéma, Lüscher rencontre en Tchécoslovaquie un groupe de dissident.e.s du futur Printemps de Prague et décide de changer de destin. Autodidacte, elle débute une recherche plastique et performative qui ne la quittera plus : le maniement de la force créatrice et indocile du feu. En parallèle, elle développe dès 1969 une pratique photographique unique, documentant notamment la forêt encyclopédique de l’ermite Armand Schulthess qui l’amènera à exposer à la documenta 5 de Kassel (1972) et à rencontrer son compagnon de vie, Harald Szeemann (1933-2005). Dès les années 1975, Lüscher compose également des oeuvres conceptuelles et autobiographiques autour du hasard, de l’amour ou des rêves.
L’exposition Flammes propose au public de découvrir une généalogie d’oeuvres témoins du rapport à l’embrasement que déploie Ingeborg Lüscher depuis ses premiers travaux jusqu’à nos jours. Explorant l’impact du feu sur les matières et les corps, le parcours d’exposition débute par les images d’archive de la performance Feueraktion (Duisburg, 1971). Vêtue d’une tenue de protection ignifugée, Ingeborg Lüscher enflamma une sculpture monumentale de polystyrène, dévoilant la puissance transformatrice des flammes et la condition éphémère et métamorphique de ce qui nous entoure. Les Inboxes, l’une des premières séries d’œuvres de l’artiste, sont constitués de plaques de polystyrène peintes. Les compositions, issues des processus de combustion et d’extinction du feu, font apparaître de nouvelles profondeurs et ouvertures dans les strates. Alors que la potentialité d’une incandescence volcanique à venir ou les traces laissées par les flammes se rencontrent dans les sculptures de souffre et les peintures de cendres (dès les années 1980), la vidéo La Pupa Proibita (2006) rappelle la puissance infinie du corps féminin dans une chorégraphie de feux d’artifices inspirée de la tradition italienne du Ballo della pupa. Dans les sculptures faites de mégots : souvenirs de souffles fugaces, charnels et intimes, Ingeborg Lüscher rassemble avec minutie les biographies des fumeurs et fumeuses pour tisser un nouveau récit collectif.
Des braises aux volutes de fumée, de l’étincelle à la cendre, Flammes explore la vitalité d’une pratique artistique du feu, de son pouvoir sur les matières et les sens, du rapport agissant de la flamme sur le corps, son absence et sa renaissance.
Le Centre culturel suisse. Paris (CCS) rouvre ses portes le 26 mars 2026 après 4 années de travaux de rénovation. Sur base d’un concours de l’Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL), en collaboration avec Pro Helvetia, le projet architectural retenu est le fruit d’une collaboration franco-suisse des bureaux Architecture Studio Bœnders Raynaud — ASBR (Paris) et Truwant + Rodet + (Bâle). Les espaces entièrement repensés et rénovés offrent une circulation plus fluide et une polyvalence dans leurs usages artistiques. Avec le retour de sa librairie, le lancement de sa buvette et ses trois grands espaces modulables, le nouveau CCS rassemble les publics autour d’une vie culturelle suisse. Installé depuis 1985 au cœur du Marais, le CCS a pour vocation de faire connaître en France une création contemporaine helvétique ouverte sur le monde, d’y favoriser le rayonnement des artistes suisses, et de promouvoir les échanges entre les scènes artistiques suisses et françaises. La programmation est résolument axée sur la création contemporaine suisse et en reflète la diversité et la vitalité : expositions, spectacles, performances, concerts, films documentaires et conférences rythment les saisons du CCS. Le Centre culturel suisse est une antenne de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.
Entrée libre
Centre culturel suisse